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L’art et la généalogie : le tatouage Maori

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L’art et la généalogie : le tatouage Maori

Message par Généadmin le Ven 2 Sep - 16:45

Vous-êtes vous déjà demandé comment les populations conservaient des traces physiques de leur ancêtres bien avant les techniques écrites ? En effet, malgré son apparition au II siècle de notre ère, l'usage du papier ne s'est vraiment répandu qu'après les inventions du XVe siècle, et les techniques de transmission orales n'ont pas toujours survécu à l'évolution de nos civilisations.

Pour les Maori de Nouvelle-Zélande, l'attachement à la généalogie et la tradition familiale, ces notions sont si importantes qu'elles sont inscrites sur les corps des descendants. C'est en effet grâce à l'art du Ta Moko, des tatouages effectuées à l'aide de ciseaux en os d'albatros taillant de profonds sillons dans la peau, que les Maoris se rappellent leurs ancêtres.

Voici deux exemples de Moko:


On dit que recevoir un Moko était autrefois une étape importante entre l'enfance et l'âge adulte et que parallèlement à sa signification généalogique, le Moko signifiait un statut social, révélant aussi la force, la virilité et l'autorité du porteur. Les personnes sans tatouages étaient ainsi privées du moindre statut social.

Si pour le commun des mortels ces tatouages se ressemblent tous, les chefs de clans peuvent apparemment y décrypter immédiatement l'héritage d'une personne.

Plus intéressant encore, chaque côté du Moko se réfère à un côté différent de la famille. Le côté gauche du visage fait référence à la généalogie maternelle alors que le côté droit raconte le côté paternel, ceci peut tout de même varier d'une tribu à l'autre.

Si vous voulez en savoir plus sur les Moko, CLIQUEZ ICI pour visionner ce documentaire fascinant suivant un jeune homme maori recevant son tatouage.


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Re: L’art et la généalogie : le tatouage Maori

Message par Généadmin le Ven 2 Sep - 17:08

La légende du Moko
Selon la mythologie Māorie, le tatouage a commencé par une histoire d'amour entre un jeune homme qui s'appelait Mataora (ce qui signifie " visage de la vitalité ") et une jeune princesse du monde des ténèbres du nom de Niwareka.

Un jour Mataora frappa Niwareka. Niwareka s'enfuit alors pour rejoindre le royaume de son père, un royaume nommé Uetonga. Mataora, le cœur brisé et repentant, partit à la recherche de Niwareka. Après bien des épreuves, et après avoir surmonté de nombreux obstacles, Mataora est finalement arrivé dans le royaume de Uetonga. Mais, après son long voyage, la peinture de son visage était sale et abîmée.

La famille de Niwareka se moqua de la piteuse apparence de Mataora.. Humblement, Mataora implora le pardon de Niwareka , et elle finit par le lui accorder. Le père de Niwareka offrit alors à Mataora de lui enseigner l'art du tatouage. En même temps, Mataora apprit l'art de Taniko - qui consistait à garnir le bord des manteaux de tresses de toutes les couleurs.

Mataora et Niwareka ont ensuite regagné le monde des humains, en y rapportant l'art du moko et celui du taniko.

Comme le prouve l'archéologie, c'est à la culture polynésienne orientale que la Nouvelle Zélande doit l'art du tatouage. On peut retrouver les ciseaux en os utilisés pour le tatouage dans des sites archéologiques de différentes époques en Nouvelle-Zélande, aussi bien que dans des sites de l'ancienne Polynésie Est. Mais si le Māori a pratiqué le tatouage, il n'existe aucune preuve que le peuple Moriori l'ait fait.

En Nouvelle-Zélande, c'est sur les sites les plus anciens qu'on trouve les ciseaux avec les lames les plus larges, ce qui tendrait à confirmer la théorie selon laquelle, dans les époques les plus reculées, on préférait des motifs rectilignes de tatouage.

Le Moko - tatouage complet du visage
La tête était considérée comme la partie la plus sacrée du corps, et comme le tatouage faisait couler du sang, les artisans tatoueurs, les "tohunga-ta-oko", étaient des personnes particulièrement "tapu". Tous les Māoris de haut rang étaient tatoués et ceux qui ne l'étaient pas étaient considérés comme des personnes sans aucun statut social. Par ailleurs, le moko rendait le guerrier attirant pour les femmes.

Le tatouage commençait dès la puberté, accompagné de beaucoup de rites et de cérémonies rituelles. L'instrument employé pour tatouer était un ciseau en os, soit avec un bord en dents de scie, soit avec un bord droit et très tranchant. La première opération du tatouage consistait à faire de profondes entailles dans la peau.

Ensuite, on trempait le ciseau dans un pigment de suie, tel que la gomme brûlée de l'arbre indigène gomme, le Kauri ( grand conifère des forêts du nord de l'île du Nord, au fût élancé et à la couronne très haute, qui peut devenir géant ), ou bien la suie des chenilles brûlées. Ensuite, le pigment était martelé dans la peau.

C'était extrêmement douloureux et très long ; souvent, on plaçait des feuilles de l'arbre indigène, le Karaka, sur les incisions boursouflées du tatouage pour accélérer la guérison.

Les guerres étaient fréquentes, et le guerrier avait peu de temps pour récupérer. Durant le temps de guérison, il était souvent impossible de manger, à cause du gonflement du visage. Pour y arriver, on versait de la nourriture liquide dans un entonnoir en bois, jusqu'à ce que le guerrier soit à nouveau capable de s'alimenter normalement. Pendant le tatouage, on jouait de la flûte et on récitait des poèmes, pour aider à soulager la douleur.

Bien que les tatouages se fassent surtout sur le visage, les guerriers du nord d'Auckland se faisaient des tatouages en spirale sur les fesses, et souvent jusqu'au genoux.

Portrait de Jane Kauangaro, une Māorie de la région de Wanganui. Elle porte une cap traditionnelle (korowai), elle a un tiki autour du cou, et deux plumes de l'oiseau "huia" dans ses cheveux. Cette photo a été prise entre 1891 et 1908 par William Henry Thomas Partington de Wanganui. Collection Record Auckland Star : Negatives
Les femmes étaient moins tatouées. Leurs lèvres étaient soulignées, habituellement de bleu foncé. Leurs mentons étaient tatoués, et parfois quelques lignes fines décoraient les joues et le front.


›› Tohunga : Sorcier, prêtre, sage, guérisseur.

›› Tohungaism : médecine traditionnelle des guérisseurs Māoris.

Le travail des tohunga s'entourait d'un certain rituel et de pratiques religieuses. C'est cela qui lui conférait un caractère sacerdotal. Les tohunga pouvaient se spécialiser dans une discipline : connaissances sacrées, cérémonial rituel, histoire, légendes et généalogies, ou encore : relations avec les esprits et démons, mais, en fait, chacun devait avoir des compétences dans les autres domaines.

Les tohunga-magiciens subissaient un long entraînement physique et mental. Leur commerce avec les dieux était censé leur donner des pouvoirs surnaturels. Aussi étaient-ils des conseillers influents auprès des conseils de tribu et des chefs importants qui détenaient un grand pouvoir, de par leur ascendance.

On consultait le Tohunga, qui s'interrogeait l'avenir en jetant une baguette faite de "raupo", (typha angustifolia, espèce de roseau fort commun en Nouvelle Zélande.)

Peut être qualifié de Tohunga, toute personne habile et experte dans un art :par exemple la construction (des pirogues ou des maisons) le tatouage, la sculpture sur bois, etc. Le travail des Tohunga s'entourait d'un certain rituel et de pratiques religieuses. C'est cela qui lui conférait un caractère sacerdotal.

Source : http://history-nz.org
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Ta Moko - le Tatouage Māori

Message par Généadmin le Ven 2 Sep - 18:50

Ta Moko - le Tatouage Māori

Moko est le nom du tatouage Māori et de la culture entourant l'art ce tatouage. Tous les symboles utilisés ont une signification. C'est un lien tribal qui raconte l'histoire de son porteur. Le Moko est un langage visuel qui connecte celui qui le porte à son "whakapapa" (généalogie).



Ta Moko – l'histoire du tatouage Māori

L'art du tatouage Māori aurait été apporté par les Māori en Nouvelle-Zéalande depuis leur terre d'origine – la Polynésie de l'Est.

En 1789 le Capitaine James Cook et le naturaliste Joseph Banks virent pour la première fois les tatouages des Māori lors d'un voyage dans le Pacifique du Sud. Ils furent à la fois fascinés et intrigués par cet art.

Le nom Māori pour les tatouages, particulièrement pour les tatouages faciaux, est « Moko »; le procédé utilisé pour réaliser un Moko est le « Ta Moko ».

Comme les Māori ne gardaient aucune trace écrite, la date exacte où les Māori ont adopté l'art du tatouage reste incertain. Ce que nous savons cependant c'est qu' Abel Tasman et son équipage, qui était le premier à atteindre la Nouvelle-Zélande en 1642, n'a vu aucun Māori tatoué à cette époque. Il est donc probable que les Māori aient adopté le Moko bien plus tard, inspirés, peut-être, par les autres genres de body arts polynésiens, cela avant l'arrivée du Capitaine Cook en 1769. Une autre possibilité est que le tatouage Māori ait été importé en Nouvelle-Zélande depuis la Polynésie – il ne se serait donc pas développé séparément et n'était peut-être pas une pratique courante quand Tasman est arrivé.

Au moment où Cook a débarqué néanmoins, le Ta-Moko était devenu partie intégrante de la culture Māori. Les Māori gardaient souvent les têtes tatouées de leurs ennemies et les conservaient comme trophées de guerre dans des boites d'ornement de cérémonies – ces prises étaient des symboles de pouvoir, de conquête et de protection.

Pendant la première décennie du 19ème siècle les Européens eurent des contacts réguliers avec les tribus Māori . Un groupe de missionnaires décida vers 1814 de convertir les Māori, prenant avec eux un chef nommé Hongi, qui fût emmené en Angleterre. Là, Hongi travailla avec un professeur d'Oxford pour écrire un dictionnaire bilingue et traduire la bible en langue Māori. On accorda à Hongi une audience avec le roi George IV d'Angleterre et lui furent offerts de nombreux cadeaux pour le remercier de ses efforts d'évangélisation.

Hongi échangea ces cadeaux contre un nombre important de mousquets et de munitions à Sydney. Et lorsqu'il arriva en Nouvelle-Zélande il utilisa ces armes pour lancer une série de raids contre des tribus ennemies.

Les Māori découvrirent plus tard que les Européens échangeaient des munitions contre des têtes tatouées. Bientôt ils lancèrent donc des raids contre des tribus ennemies afin d'obtenir des têtes tatouées et les échanger contre des munitions et des armes. Les marchants vendaient alors ces têtes tatouées aux musées et collectionneurs dans de nombreuses régions d'Europe.


Avides d'obtenir davantage de munitions, les Māori commencèrent à décapiter leurs esclaves et roturiers et à tatouer leurs têtes. Ces têtes, de pauvre qualité ou mal tatouées étaient quand même offertes à la vente.

Un des collectionneurs de têtes tatouées les plus remarqués était le maire Général Horatio Robley qui acquit dans sa vie 35 exemplaires. Aujourd'hui 30 des 35 têtes peuvent être admirées au Musée d'Histoire Naturelle de New York. Le Général Robley publia d'ailleurs un ouvrage intitulé Moko, ou le Tatouage Māori qui offraient des détails très précis sur les procédés et significations des motifs du Moko.

Ta Moko – Le mythe

Whaka-ruau-Moko, le Dieu des tremblements de terre et de l'activité volcanique, le plus jeune enfant de Ranginui (le Ciel) et Papatūānuku (la Terre), était responsable de la gorge accidentée et profonde laissée sur la surface de la Terre, sa mère, alors qu'il était toujours dans son « puku » (terme Māori pour désigner le ventre). Le tremblement de Whaka-ruau-Moko effraya Papa, la Terre, et créa la première forme sacrée de Moko.

Le temps passa et Uetonga, sorcier des Enfers (tohunga Ta Moko Of Rarohenga) et petits fils de Whaka-ruau-Moko, eut une fille nommée Niwareka. Niwareka rêvait de découvrir le monde des humains. Elle partit alors à sa découverte. Là haut, elle tomba amoureuse et épousa Mataora (Visage de la Vitalité), un chef Māori. Toutefois Niwareka retourna à Rarohenga (les Enfers) en laissant Mataora derrière elle parce qu'il la maltraitait.

Mataora se lamentait sur ses actions et décida de suivre sa femme. Après de nombreux essais et obstacles, il rencontra Uetonga qui travaillait sur le Moko cisellé de quelqu'un. Mataora se sentit honteux de sa propre apparence – son visage était couvert de saletés après ce long voyage. Il demanda alors un Moko à Uetonga qui finit par accepter. Niwareka entendit le chant de Mataora qui rancontait sa tristesse, sa quête et son désir d'être pardonné par sa femme.

Alors que les mains habiles du sorcier Ta Moko (tatoueur) travaillaient sans relâche sur son visage, « te wairua » (un esprit) « tapu » (sacré) le submergea. Mataora commença alors à voyager au delà de la douleur de la chaire, guidé par son âme afin de comprendre le « mana » (pouvoir) de son histoire. Il sentit la force de vie des Dieux et le souffle qui lui donna la vie. Il tourbillonna à travers les lignes de Dieu et les lignes de la terre jusqu'aux entrailles sacrées de sa mère – porte de sa naissance dans les replis de Papatūānuku. Il vit la vie de sa mère et son père; leurs rangs et leurs positions dans la vie se tresser dans le tissu de son horloge terrestre. Il vit ses terres tribales et la région de responsabilité au delà des brumes de Rarohenga. Uetonga apparut petit à petit au dessus de trois paniers. Tenant le savoir protégé du Ta Moko devant lui. Mataora absorba les cadeaux du Ta Moko offerts par Uetonga et sut que ce savoir avait rempli un des paniers. Il vit ses tribus, "hapū" (subdivision du iwi - la tribu) et mariages en leurs seins, il vit Niwareka. Il vit le caractère exceptionnel de chacune des vies avant lui et entendit le murmure de son propre nom Mataora, mata ora, mata ora...de la naissance à la mort, de la naissance à la mort, l'histoire de ta vie est entre les lignes de ton propre visage, gravée à partir de la mémoire de tes propres os.


L'odeur de Kauri (Agathis australis – arbre endémique de l'ile du Nord de la Nouvelle-Zélande) brûlé remplit l'air alors que les fibres souples de lin brossaient son visage enflé pour nettoyer le sang. Il sentit l'eau froide tomber entre ses lèvres et atteindre la sécheresse de sa langue. Il entendit le "waiata" (poème, chanson) de ses ancêtres et ouvrit les fentes qu'étaient ses yeux. Niwareku s'assit à ses côtés. Mataora passa de nombreux jours et nuits avec Uetonga pendant que sa chaire commençait à guérir, en écoutant comment s'approprier le savoir du Ta Moko.

Quand il fut guéri, ils voyagèrent loin dans les terres distantes de Toroa (albatros) en quête d'un os sacré pour réaliser ses outils. Ils cueillirent du coeur de kauri et creusèrent la terre sous le tōtara géant (Podocarpus totara – arbre endémique de Nouvelle-Zélande qui pousse dans l'île du Nord et le Nord-Est de l'île du Sud) à la recherche du āwheto (chenille végétale) dont le corps était sellé au sol. Ils brulèrent les deux et mélangèrent la suie avec de l'eau pour créer un pigment bleu-noir. Mataora prit la "hue" (gourde) que Uetonga lui avait donné pour sculpter le Moko de sa vie dessus, le Moko de son visage,

son histoire commençant avec le "Ngākaipikirau"1. Il travailla avec dextérité sur la peau souple de la gourde en évoluant avec sa propre expérience. Après exécution il passa son travail à Uetonga qui bénit son savoir, passé et présent. Mataora quitta alors Rarohenga avec Niwareka et retourna à Ao Marama (le monde de la lumière) comme Tohunga Ta Moko (le sorcier du Ta Moko).

Ta Moko, le procédé – Moko, le résultat

Les découvertes archéologiques démontrent que le tatouage est arrivé en Nouvelle-Zélande depuis la Polynésie de l'Est. Les burins en os utilisés pour tatouer peuvent être trouvés sur des sites archéologiques datant de diverses époques en Nouvelle-Zélande, mais aussi dans quelques sites de Polynésie de l'Est. Bien que les Māori pratiquaient le tatouage, il n'y a aucune preuve que les Moriori2 le pratiquaient aussi.

La tête était considérée comme la partie du corps la plus sacrée, et parce que le tatouage provoquait des saignements qui se répandaient sur l'artiste tatoueur (« tohunga-ta-Moko »), ce dernier était une personne très « tapu » - sacrée.

Tous les Māori de haut-rangs étaient tatoués et ceux qui ne possédaient pas de tatouages étaient considérés comme des personnes n'ayant aucun statut social.

Le tatouage commençait à la puberté, accompagné par de nombreux rites et cérémonies rituelles. En plus de rendre un guerrier attractif, la pratique du tatouage marquait les rites de passage et les évènements importants dans la vie d'une personne. Il y avait certaines interdictions pendant le processus de tatouage. Pour le tatouage facial en particulier la proximité sexuelle et l'ingestion de nourriture solide étaient interdites. Afin de surmonter cette dernière interdiction, on faisait passer l'eau et la nourriture liquide dans un entonnoir, cela afin qu'aucun produit contaminé ne soit en contact avec la peau gonflée. C'était également le seul moyen pour le tatoué de manger jusqu'à ce que ses plaies ne soient guéries. Un tatouage facial complet prenait énormément de temps et un bon tatoueur étudiait attentivement la structure osseuse de la personne avant de commencer son art.

La première étape du tatouage était de graver des entailles profondes dans la peau. Ensuite un burin était trempé dans un pigment du genre suie – de la gomme de Kauri brulée ou des chenilles végétales brulées – que l'on enfoncait dans la peau. C'était un procédé extrêmement long et douloureux. On plaçait souvent des feuilles de Karaka (Corynocarpus laevigatus - arbre endémique de Nouvelle-Zélande que l'on trouve dans les régions côtières) sur le tatouage gonflé pour en hâter la guérison. Les guerres étaient fréquentes et les guerriers avaient peut de temps pour récupérer. Lors du tatouage des airs de flûtes et des poèmes chantés étaient joués pour alléger la douleur.


Si les tatouages étaient principalement réalisés sur le visage, les guerriers du nord d'Auckland ajoutaient des spirales sur les deux fesses qui descendaient parfois jusqu'aux genoux. Les femmes n'étaient pas aussi tatouées que les hommes. Leurs lèvres était soulignées en bleu foncé et les narines étaient finement ciselées. Le Moko du menton était le plus populaire et s'est pratiqué jusqu'au années 1970.




Le Moko – Motifs et Signification

Le Moko est une carte d'identité, un passeport. Pour les hommes, le Moko montre leur rang, leur status et leur férocité ou virilité. La position, le pouvoir et l'autorité du porteur sont identifiables par son Moko. Certains signes extérieurs combinés à un certain Moko pouvaient instantanément définir l'identité d'une personne. Par exemple un chef avec un Moko qui porte un manteau en peau de chien pouvait être directement identifié comme étant une personne avec de l'autorité, en charge des guerriers. Ne pas reconnaître le chef pouvait mener au « utu » - la vengeance.

Le tatouage Māori est généralement divisé en plusieurs sections:

  • La section Te Karu du tatouage Moko Māori : Située au dessus du nez, entre les yeux et les sourcils. Les lignes du Te Karu sont un moyen d’identifier les lignes héréditaires ou de relater l’histoire du rang social accordé par le Taiopuru. Cette division identifie par exemple la garde d’un enfant pour le Taiopuru, ou une femme ayant le savoir-faire du tissage.

  • La section Ngākaipikirau du tatouage Moko Māori, située au centre du front entre les lignes du Ngūnga. Les lignes du Ngākaipikirau donnent l’information sur la lignée directe de descendance divine et les rangs individuels de Taiopuru, Ahupiri, Arikinui ou Ariki, autorités de régions spécifiques. Cet aussi l’endroit où est représenté le Te Wairua Tapu, l’eau sacrée qui donne la vie.

  • La section Ngūnga du tatouage Moko Māori, située sur le front au dessus du Uirere et de l’Uma, et de chaque côté du Ngākaipikirau. La spirale au dessus de l’arête nasale au dessus du Uirere et le design du tatouage sur le centre du menton au milieu du Wairua sont aussi associées au Ngūnga, qui identifie la position dans la société, le rang social transmis par la première ou la seconde lignée si le statut a été donné par le Nöaia et si le statut sera transmis aux enfants. les lignes de la spirale au dessus du nez portent les paniers de la connaissance, portés par le Tohunga (prêtre, expert artiste ou artisan). Les lignes au centre du menton sont le signe de celui qui a appris le savoir au tatoué : les orateurs ou messagers du Taiopuru.

  • La section Kirupa du tatouage Moko Māori est située sous le nez et comprend les spirales du nez. Elle identifie un Tohunga, dont le savoir et la connaissance sont protégés, Tapu, un servant de Ariki ou un intouchable protégé par le Taiopuru.

  • La section Uirere du tatouage Moko Māori est le centre du visage, sous le Ngūnga, à cpoté de l’Uma et au dessus du Raurau. Elle comprends les yeux et le nez (sauf le haut de la spirale du Ngūnga). Cette partie représente les affiliations au sein de la tribu, de chaque parent, le plus vieux ou le plus jeune fils, l’héritage du mana au sein de la tribu, l’extinction d’une ligne héréditaire à laquelle succède une seconde, le rang héréditaire, un guerrier du passé ou du présent, l’affiliation avec le responsable hiérarchique dont le sujet dépend.

  • La section Uma du tatouage Moko Māori : de chaque côté du visage, sur les tempes, à côté du Uirere, sous le Ngūnga et au dessus du Taiohou. Cette partie représente chaque lignée de parenté en fonction d’un premier ou d’un second mariage, un service rendu au Taiopuru, la protection des frontières tribalew ou la connaissance médicinale

  • La section Keikoro du tatouage Moko Māori : située sur le contour des lèvres, symbolise les affiliations tribales et le fait de s’être élevé au dessus du statut d’esclave

  • La section Raurau du tatouage Moko Māori : située au centre du visage au dessus de la bouche, au dessus du Wairua. Elle inclut les lignes inférieures et supérieures du tatouage autour de la bouche et identifie la signature personnelle, l’orientation politique et le statut de protection par les Taiopuru, Ahupiri, Arikinui ou Ariki. Cette position privilégiée est acquise de naissance, par le porte parole du chef ou par un guerrier.

  • La section Taiohou du tatouage Moko Māori : au milieu des joues et de la mâchoire supérieure, symbolise le métier, le travail (mahi), comme par exemple le maitre jardinier, le guerrier, le chef du village, le sculpteur, le soigneur, le commandant de canoë de guerre, etc.

  • La section Warunga du tatouage Moko Māori, placée sur le menton, sous les lèvres : représente une femme de rang social élevé, le premier né descendant d’une lignée par un mariage béni, une union autorisée.

  • La section Wairua du tatouage Moko Māori inclue les rayons tatoués autour de la bouche, mais exclut les lignes centrales sur le menton, qui font partie du Ngūnga. Les lignes du Wairua représentent le Mana personnel, et donnent des informations sur son origine et son statut : si ce Mana dépend du rang social, si il est héréditaire, si il sera transmis à la génération suivante.

La section Taitoto du tatouage Moko Māori : tatouée sur la mâchoire inférieure, sous le Taiohou et à côté du Wairua. Ses lignes symbolisent les droits de naissance, la succession du rang, et peut également représenter un homme devenu chef tribal avant l’âge de 25 ans




Ci-dessous les rangs sociaux définis entre les lignes du Moko

Taiopuru : chef suprême : il est celui qui unit l’ensemble des tribus et leur descendance
Tapairu : chef suprême féminin
Ahupiri : chef de haut rang responsable d’une confédération de tribus
Noaia : guerrier descendant de l’un des deux premiers rangs, assurant la stabilité politique
Konini : rang donné par les Noaia. A de l’autorité sur région ou une confédération
Kaitahutahu Arikinui : chefs de haut rang qui ont uni une confédération de tribus
Kaitahutahu Ariki : chef de haut rang d’un groupe tribal constitué d’un nombre d’unités défini
Rangatira : Chef d’un village tribal, dont le rang est accordé par une autorité supérieure
Tutua : Personnes ordinaires avec peu de Mana (entre magie et religion, le Mana est une émanation de la puissance spirituelle)
Esclaves : Aucun mana ne leur est accordé de part leurs ancêtres, sauf si il leur est accordé de par leurs services
La partie droite du Ta-Moko donne habituellement des informations sur le rang du père, ses affiliations tribales et si sa position dans la vie a été héritée ou acquise. Le côté gauche du ta Moko donne habituellement des informations sur le rang de la mère, ses affiliations tribales et si sa position dans la vie a été héritée ou acquise. Cet ordre peut être inversé dans certains « iwi » - tribus - par exemple chez les Ngai Tahu et les Arawa.

Quand l'imitation du Moko est considérée comme une insulte

Dans certaines cultures, telles que la culture chinoise, être imité est le plus grand des honneurs que vous pourrez recevoir. Il n'en est pas de même avec la culture Māori et en particulier avec le Moko. Le Ta Moko est la forme « tapu » - sacrée- de la famille et de l'identification personnelle à la généalogie (whakapapa) Māori. La généalogie est tellement importante pour les Māori qu'il connaissent leur généalogie sur près de 2000 ans.

Le Kirituhi est un alternative possible. Si vous mourrez d'envie d'avoir un tatouage qui ressemble au Moko, considérez à la place le kirituhi. Le kirituhi est un motif qui ressemble au Moko mais qui délibérément ne fait pas référence au symbolisme Māori. Kirituhi signifie littéralement « art de la peau » et les motifs sont dessinés de façon à répondre aux souhaits des non-Māori désirant posséder un Moko.


Notes:

1 La section Ngākaipikirau du Moko, située au centre du front entre les lignes du Ngūnga. Les lignes du Ngākaipikirau donnent l’information sur la lignée directe de descendance divine et les rangs individuels de Taiopuru, Ahupiri, Arikinui ou Ariki, autorités de régions spécifiques. Cet aussi l’endroit où est représenté le Te Wairua Tapu, l’eau sacrée qui donne la vie.
2 Les Moriori sont un peuple polynésien, et sont le peuple autochtone des îles Chatham en Nouvelle-Zélande.

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Re: L’art et la généalogie : le tatouage Maori

Message par MELUSINE le Sam 3 Sep - 12:13



J'veux les memes hihi

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Re: L’art et la généalogie : le tatouage Maori

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