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L'épidémie de suette miliaire à Pézenas (1851)

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L'épidémie de suette miliaire à Pézenas (1851)

Message par Généadmin le Sam 24 Sep - 12:52


Le 13 mai 1851, le Messager du Midi annonce une grave épidémie, née rapidement et développée dans les environs immédiats de Pézenas.

Elle a déjà fait 26 victimes à Néffiès, 22 à Fontès, 15 à Nizas, à Cazouls, Usclas, Lézignan la Cèbe.

Sa première victime à Pézenas est M. d'André, maire de la ville. M. Coste, curé de Saint-Jean, atteint d'une fièvre subite est obligé de s'aliter. Le 16 mai elle a déjà atteint une centaine de personnes. On enregistre déjà de nombreux décès. Un vent de panique atteint la population. Ceux qui le peuvent fuient vers Montpellier. Le Maire de Tourbes est à son tour atteint. Le 18 mai plus de 2500 personnes ont fui la ville . Esprit-Ferdinand Combescure est atteint par la maladie et veillé par les frères Gervasy.

  • Définition :

La suette, nom féminin, (de suer), est un nom donné à plusieurs maladies caractérisées par l'abondance excessive des sueurs. La suette miliaire est une maladie infectieuse, épidémique, non contagieuse, semble-t-il, et qui est surtout caractérisée par deux symptômes : des sueurs abondantes à odeur spéciale qui accompagnent une température élevée et des troubles nerveux. Elle est endémique dans certaines régions de la France, depuis 1718. Sous sa forme la plus bénigne, les symptômes précurseurs de cette maladie sont "un malaise vague accompagné d'inappétence et frissons irréguliers", de la fièvre, un terrible mal de tête, puis vers le troisième ou quatrième jour une éruption cutanée. Au bout de cinq à dix jours, une éruption caractérisée se montre, constituée par un érythème polymorphe avec miliaire, c'est-à-dire formé de vésicules transparentes de la grosseur d'un grain de millet entourée d'une auréole rosée. Le contenu de la vésicule peut être limpide, blanchâtre ou même purulent. On admet généralement que ces vésicules sont des kystes dus à la rétention de sueur. Elle se manifeste aussi par tous les signes généraux des infections. Elle dure de deux à trois semaines. La suette est exclusivement rurale ; elle semble, en effet, frapper plus particulièrement les gens de la campagne. La mortalité y est très minime. Lorsque la maladie est grave (suette maligne), l'éruption ne se produit pas. Mais le mal peut aussi se présenter sous une forme plus maligne. Ses complications les plus habituelles sont l'angine, la bronchite, la bronchopneumonie et l'entérite. Dans les cas les plus graves, le malade est sujet alors, surtout le soir ou la nuit, à des accès de fièvre tandis que des signes de congestion, " des grandes cavités " surtout cérébrales mais aussi de la poitrine ou plus rarement de l'abdomen, apparaissent. La victime meurt souvent en quelques heures. Face à ce terrible mal, la médecine est quasi impuissante. " Du repos, à la diète, de l'air pur, quelques infusions de mauve ou de tilleul". Pour les cas plus graves, on emploie le sulfate de quinine ou le pyramidon contre la fièvre. Le traitement comporte également la diète lactée avec limonade citrique ou boissons vineuses légères, l'huile de ricin, ou les purgatifs énergiques contre la constipation, la balnéation froide contre le délire. Il convient de changer très souvent, au moins une ou deux fois par jour, les draps du lit du malade et éviter de trop le couvrir. Son origine et son mode de propagation restent inconnus.

  • L'origine de la maladie :

Cette maladie apparut en 1485, en Angleterre. En 24 heures à peine, ses victimes passaient de soudaines suées à un état de prostration et à la mort. Elle frappa encore quatre fois avant de s'évanouir en 1551. Elle a tué en tout 20 000 personnes, soit plus de 0,5 % de la population de l'époque. De récentes recherches suggèrent que son apparition était liée à un phénomène étonnamment moderne : le déboisement. La date et l'extension géographique de la suette correspondent à la destruction massive des forêts du Shropshire, sur les frontières occidentales de l'Angleterre. Selon cette hypothèse, les bûcherons ont d'une façon ou d'une autre, permis au virus, responsable de la maladie de se répandre en dehors de l'être vivant qui lui servait d'hôte depuis d'innombrables générations et ils l'ont mis en contact avec des populations assez nombreuses pour entretenir une épidémie. C'est la thèse de Robert Matthews, chroniqueur scientifique du Sunday Télégraph de Londres. Il émet l'hypothèse qu'en bousculant les équilibres écologiques, l'intrusion humaine peut déchaîner des maladies mortelles portées par des microbes longtemps laissés en paix.

La suette fit des intrusions par petites épidémies localisées.

  • Le recours à la médecine :

En 1851, à Pézenas, une formidable chaîne de solidarité se noue. Professeurs et étudiants de la faculté de médecine de Montpellier accourent en nombre pour déceler ce mal pernicieux.

Nous savons qu'Esprit, Ferdinand Combescure fut victime de cette épidémie de Suette et q'il fut soigné par un des frères Gervasy, amis sincères, reconnaissants de services qui leurs furent rendus au moment de la mort de leur père.

  • Les croyances :

Les traces de cette épidémie dans certains lieux sont matérialisées par des ex voto, érections de croix ou de chapelles.

À Villeneuve-les-Sablons des titres, datés de 1581 et 1584, signalent qu'à cette époque, la peste (plus vraisemblablement la suette miliaire) fit des ravages dans le canton. Cette épidémie meurtrière réapparut en 1730, 1747, 1750 et en 1791 date à laquelle un quart de la population du canton fut frappé et plus de la moitié des malades périt.

À Bully-les-Mines, la chapelle Saint Roch, située près de l'église Saint Maclou a été édifiée en 1726 à la suite de l'épidémie de suette qui, en 1723, avait touché les habitants de la ville : on demandait au saint la grâce d'éviter le retour de la catastrophe. En 1850, on restaurait l'oratoire en signe de remerciement. L'agglomération avait été épargnée par l'épidémie de 1849. Une croix de Saint Roch fut érigée, à Aubière, le 15 mars 1875, en reconnaissance, par les habitants qui avaient survécus à l'épidémie meurtrière qui éclata en août 1874 pendant la chaleur de l'été. C'est Raspail venu de Paris qui identifia alors la suette miliaire.

L'ermitage de Saint Antoine de Galamus est un lieu qui fut sans doute utilisé depuis longtemps. En 1782, une épidémie de suette miliaire frappait Saint-Paul de Fenouillet. Elle fit quatorze morts en l'espace de quatre jours. Une procession fut menée à l'ermitage pour demander la protection de saint Antoine. La chapelle qui se situe dans la grande caverne fut construite en reconnaissance de l'arrêt de cette épidémie.

  • Le recours à Dieu par les citoyens de Pézenas

Une interminable procession serpente à travers la ville moribonde. Ceux de la paroisse saint Jean sont groupés derrière la statue de Saint Roch. C'est son intercession que l'on implorait lors des épidémies de peste du Moyen Âge. Ceux de la paroisse de Sainte Ursule sont précédés de la Vierge noire.

Après cette procession, les hirondelles sont revenues. Elles avaient disparu depuis l'invasion de l'épidémie. Peu à peu l'épidémie s'éteignait.

…" Ils étaient avec nous les hommes mêmes aux opinions les plus exagérées et ils y étaient aussi croyants et aussi respectueux que nous. Je les ai vu de près. Il y a plus de foi qu'on ne pense dans le cœur de ce peuple qui s'égare, et cette foi reprend le dessus à la première occasion. Puissent-ils ne pas s'arrêter là et venir se jeter dans nos bras ! Dieu s'est laissé toucher à des vœux si sincères. L'état sanitaire de notre ville est des plus satisfaisant. Depuis la procession de la sainte Vierge, je n'ai pas eu un seul mort dans ma paroisse. Y en eut-il eu quelqu'un ne faut-il pas faire la part des imprudents, de ceux qui évidemment veulent se perdre ? … En ce moment, nous avons sous les yeux le plus touchant spectacle : plus de blasphèmes, plus de querelles, plus même de discussions politiques : des réconciliations sans nombre et nos églises ne désemplissent pas. Notre ville est une ville de saints ! "

L'épidémie est terminée le 2 juin 1851.

Source: http://laure.gigou.pagesperso-orange.fr

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